Outiller les personnes apprenantes : enseigner la culture de l’information dans un monde en évolution

Pour apprendre à distinguer l’information fiable de la désinformation, de la mésinformation et des fausses nouvelles, il faut comprendre à la fois le paysage médiatique et la façon d’y appliquer ses aptitudes de pensée critique. Pour les formateurs et formatrices qui travaillent avec des personnes apprenantes adultes, l’enseignement de la culture de l’information ajoute de la complexité au défi que représente le renforcement des compétences en littératie et en technologie numérique.

Pour soutenir les formateurs et formatrices, AlphaPlus a organisé une communauté de pratique explorant la culture de l’information en juin 2025. Nous avons examiné un ensemble de ressources d’enseignement sur la culture de l’information et discuté de divers sujets, y compris la vérification de l’information en ligne, la compréhension des algorithmes et des zones d’information, et le fonctionnement du journalisme. Nous avons également discuté des défis auxquels les formateurs et formatrices font face, y compris l’anxiété à naviguer le paysage de l’information, l’accès à des sources fiables et la difficulté de prendre le temps d’analyser le contenu de façon critique.

Le temps que nous avons passé ensemble nous a amenés à réfléchir à des questions sur l’acquisition de compétences, les outils et ressources, et la façon d’aborder des sujets dans divers contextes avec un large éventail de personnes apprenantes. Comme prochaine étape, nous avons décidé d’examiner de plus près les expériences et approches de l’une de vos pairs : Wendy Teahen, formatrice de groupe à The Literacy Group à Kitchener.

Le point de vue d’une formatrice sur la culture de l’information : Wendy Teahen

Comme d’autres, Wendy était motivée à participer à nos conversations de juin par un mélange de préoccupations et de besoins pratiques, ainsi que par l’information provenant du cycle des nouvelles électorales canadiennes au début de 2025 :

« La communauté de pratique a été annoncée peu après les élections. J’avais remarqué des publicités incendiaires, fondées sur la peur : un exemple présentait des dirigeants politiques menottés. Je savais que ce contenu était conçu pour effrayer les gens, qu’il est facile pour n’importe qui de se laisser prendre et que, si je le voyais, d’autres le voyaient aussi. Je voulais un moyen d’aider les personnes apprenantes à évaluer de façon critique ces histoires et ces images », explique Wendy.

Formulaires et sources d’information

Wendy, qui enseigne principalement la lecture, l’écriture et l’informatique, entend souvent des exemples du bouleversement et de la confusion causés par le paysage de l’information. Dans les conversations avant le cours, ses élèves mentionnent parfois des articles qu’ils ont lus ou d’autre contenu auquel ils pensent. Selon Wendy, les personnes apprenantes ne se rendent peut-être pas compte qu’ils regardaient des nouvelles complètement inventées ou d’autres formes de désinformation :

  • de l’information qui est intentionnellement partagée hors contexte;
  • le partage involontaire de renseignements qui n’ont pas été vérifiés;
  • une satire qui a été confondue avec un reportage;
  • des biais dans le contenu visant à vendre des produits ou de la publicité;
  • des sources d’information avec une perspective ou un point de vue particulier.

« Nous voulons que les apprenants soient capables de réfléchir aux signes indiquant qu’une publication ou un article dans les médias n’est pas exact pour les aider à déterminer ce qui constitue des nouvelles authentiques et crédibles. »

Susciter l’intérêt pour l’actualité tout en évaluant les sources

« J’aime aider les apprenants à penser de façon critique aux sources d’information; à s’arrêter, à regarder et à faire des recherches sur chacune. Je montre aux apprenants des outils comme la recherche d’image inversée dans Google et la lecture latérale pour confirmer ou examiner un sujet ou une source dont ils doutent », dit Wendy. « Ellii (anciennement ESL Library), The Westcoast Reader (un bulletin d’information de la Colombie-Britannique) et News For You (une source d’actualités américaines) offrent des nouvelles actuelles adaptées pour les personnes ayant un faible niveau de littératie avec des liens vers les sources originales, ce qui aide à évaluer la crédibilité et permet aux apprenants d’approfondir leurs recherches. »

Pour compenser le poids des nouvelles négatives, Wendy intègre aussi des articles de Good News Network, un site Web qui présente des nouvelles positives provenant de partout dans le monde. « Pour des sujets difficiles comme les changements climatiques, par exemple, si nous n’avons que des histoires négatives, les gens veulent se refermer. Les nouvelles positives sur des sous-thèmes comme l’énergie renouvelable, les pays sans émissions et la restauration des récifs de corail peuvent aider à soutenir l’intérêt de nos apprenants pour les actualités mondiales et à participer de façon significative aux discussions. »

Wendy offre quelques conseils supplémentaires tirés de sa pratique d’intégration de la culture de l’information en alphabétisation des adultes :

  • créer des infographies pour comprendre des idées complexes;
  • demander aux élèves de trouver et de comprendre des publicités et leur impact possible sur l’information présentée;
  • fournir des explications de base sur des concepts clés, comme le fonctionnement des algorithmes, pour la pratique du vocabulaire.

Les enseignants ont besoin de plus d’outils et de soutien en matière de culture de l’information

Les formateurs et formatrices comme Wendy innovent dans leur pratique d’enseignement, mais ils cherchent à combler des lacunes dans les ressources disponibles pour enseigner aux adultes. Le matériel que nous avons examiné ensemble en juin, comme Checkology et CTRL-F, est utile, mais axé sur les jeunes. Les sites Web qui présentent des articles de nouvelles pour les personnes apprenantes peu alphabétisés (comme ceux que Wendy utilise) manquent de contenu canadien ou local. Ces lacunes obligent les formateurs et formatrices à adapter le contenu.

À l’avenir, pour outiller les personnes apprenantes adultes qui naviguent dans la désinformation et la mésinformation, le milieu de l’alphabétisation des adultes en Ontario doit combler les efforts, les stratégies et les approches des formateurs et formatrices comme Wendy en offrant du soutien supplémentaire. Notre milieu a besoin d’outils d’enseignement et d’autres ressources spécialement conçues pour les personnes apprenantes adultes en alphabétisation, ainsi que d’occasions d’échanger sur les défis, les pratiques et les conseils.

Pour l’instant, Wendy souligne l’importance de tenir des conversations, de ne pas avoir peur d’examiner la situation dans son ensemble et de faire comprendre que n’importe qui peut être induit en erreur.

« Encouragez les apprenants adultes à poser des questions; nous savons que c’est un élément clé de l’alphabétisation des adultes. Demandez-leur de vous parler des choses qu’ils ont lues ou vues et qu’ils ont trouvées intéressantes afin que vous puissiez les examiner et en discuter ensemble. »

Poursuivre la conversation sur la culture de l’information

La culture de l’information est une compétence en littératie, une compétence numérique et une compétence de vie. À AlphaPlus, nous continuerons d’explorer ce sujet et de fournir du soutien en offrant des ressources, en partageant le point de vue de vos pairs et en créant un espace pour la conversation.

Pour en savoir plus sur notre récente communauté de pratique et les ressources que nous avons explorées, lisez la récapitulation de juin et les guides sommaires. Et, comme toujours, communiquez avec Guylaine ou Tracey si vous avez des questions ou des idées.

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